Pérenniser les acquis du programme PALIH
La question de la pérennisation des acquis du Projet d'appui à la lutte contre les IST/VIH-sida en Haïti (PALIH) était au coeur des discussions de l'atelier bilan-final qui s'est tenu à Port-au-Prince du 13 au 15 avril 2011. En effet, ce projet a permis de développer un système efficace de gestion de cette problématique de santé dans le département de l'Artibonite au cours des huit dernières années et pourrait profiter à de nombreux autres Haïtien-ne-s.
Le PALIH, porté par un consortium canadien composé du Centre de coopération internationale en santé et développement (CCISD) et du CECI, a été financé par l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Il visait principalement à contribuer durablement à réduire la transmission des infections sexuellement transmissibles (IST) et du VIH-sida, particulièrement dans le département de l’Artibonite. Dans sa deuxième phase (2006 -2010), il a surtout permis d'accroître et de renforcer les compétences des structures locales. Il cherchait également à faciliter les liens entre les paliers d’acteurs de santé et à permettre un meilleur accès aux services régionaux de prévention. Élaboré en étroite collaboration avec le Ministère de la santé publique et de la population (MSPP) et la Direction départementale sanitaire de l’Artibonite (DDSA), il a atteint ses objectifs en associant les Unités communales de santé (UCS)¹ ainsi que plusieurs partenaires.
Sur le terrain, le projet a suscité l’implication de plus d’une trentaine de partenaires et des milliers de personnes ont collaboré activement à l’élaboration et à la mise en place des activités menées par le MSPP. Plus de la moitié de la population de l’Artibonite, soit un million de personnes, ont bénéficié des activités du PALIH. On notera en particulier l'impact des activités de sensibilisation et de formation et de la mise en place de services adaptés à la clientèle à haut risque. De fait, le fonctionnement des structures de santé a été amélioré et sept UCS sont désormais fonctionnelles et dotées de personnel qualifié. Déjà, au cours des derniers mois, les UCS ont été mobilisées dans la lutte contre l’épidémie de choléra avec l’appui du PALIH. « Ça a permis d’éviter la catastrophe dans l’Artibonite », affirme Alex Larsen, ministre de la santé publique et de la population.
« Le PALIH n’était pas là pour se substituer au travail des ministères et des autorités locales »
- Dre. Dieula Louissaint, directrice départementale sanitaire de l’Artibonite.
« C'est un modèle de renforcement du système de santé », a déclaré Guypsy Michel, directeur régional du CECI en Haïti, « L’approche d’appui institutionnel a permis un réel engagement de l’État dans le développement d’un système communautaire de santé ». Les représentant-e-s institutionnel-le-s, les organisations communautaires, les partenaires techniques et financiers conviés à l'événement ont reconnu unanimement l’importance de mener plus loin cette démarche : « il se dégage un consensus sur la pertinence de l’approche et les bons résultats obtenus », a indiqué pour sa part la chargée de projet Angèle Aubin.
« Ce qui a été fait à travers le PALIH dans l’Artibonite peut être répliqué ailleurs en Haïti », insiste la Dre Dieula Louissaint, directrice départementale sanitaire de l’Artibonite. « Il s’agit de donner une suite à ce projet en impliquant les acteurs les plus proches des réalités quotidiennes des Haïtien-ne-s », précise Guypsy Michel. Il ajoute qu’il « importe de développer des partenariats appropriés avec les ministères chargés des affaires sociales et les municipalités.» Martine Bernier, coordonnatrice du PALIH, insiste quant à elle sur le partage au niveau national de la banque d’outils mise à la disposition des principaux partenaires.
¹ Les UCS sont des structures du ministère de la santé qui coordonne les établissements et activités de santé de proximité.



