CECI Change des vies

Cocktail bénéfice du Club des ambassadrices :
38 000 $ récoltés au profit des femmes étuveuses de riz du Burkina Faso !

22 mai 2017

Pour la troisième année consécutive, le Club des Ambassadrices du CECI a organisé une soirée bénéfice en soutien aux quelque 5000 étuveuses de riz du Burkina Faso qu’il appuie depuis 2014 au travers du projet PAERIZ (1). Coanimée par les ambassadrices Anne-Marie Cadieux et Marie Grégoire, respectivement comédienne et chroniqueuse politique, le cocktail qui s’est tenu le 11 mai dernier a réuni plus de 150 personnes et permis de collecter plus de 38 000 $.

« Fortes ». « Résilientes ». « Fières ». « Déterminées ». Au détour des conversations et des confidences échangées dans la Galerie des Bronzes du Musée des beaux-arts de Montréal, les mêmes mots, sans cesse, revenaient. Le Burkina Faso a beau être « le pays de l’homme intègre », il n’y en avait, ce soir-là, que pour les femmes burkinabè !

DES RENCONTRES EXCEPTIONNELLES

Mises à l’honneur dans un reportage vidéo réalisé en février dernier par la réalisatrice et ambassadrice, Nathalie Pelletier, et diffusé lors du cocktail, les étuveuses de riz ont sans nul doute conquis l’assistance, tout comme elles avaient, en septembre 2016 et février 2017 lors des deux missions organisées par le CECI au Burkina Faso pour les ambassadrices, ébloui celles-ci par leur force de caractère.

« Elles sont absolument exceptionnelles, et d’un courage extrême » a ainsi témoigné une Anne-Marie Cadieux admirative, visiblement impressionnée par la volonté immense dont ces travailleuses font preuve au quotidien. La comédienne, qui était de la mission de février, est notamment revenue sur les journées de travail sans fin des étuveuses et a rapporté le témoignage de l’une d’entre elles, qui a confié se lever à 3 heures du matin pour cuisiner des beignets à vendre au marché au petit jour, avant de commencer la journée au centre d’étuvage puis de rentrer chez elle, le soir, retrouver ses 7 enfants, qu’elle élève seule…

« Elle travaille ainsi 17 ou 18 heures par jour, au minimum, chaque jour de la semaine a poursuivi l’ambassadrice Danielle Sauvage, également membre du CECI depuis de nombreuses années, qui s’est dite émue par les femmes qu’elle a côtoyées. Ce qui est extraordinaire, c’est que nous avons pu constater sur place, concrètement, l’efficacité et les retombées incroyables de notre projet. Un projet qui est substantiel et structurant et qui réellement permet d’améliorer leur qualité de vie, toutes nous l’ont dit ! ».

DES TRANSFORMATIONS ECONOMIQUES ET SOCIALES

Dans les centres d’étuvage de Bama, de Fouzan et de Karfiguéla où elles se sont rendues, Anne-Marie Cadieux, Marie Grégoire, France-Isabelle Langlois, Nathalie Pelletier et Danielle Sauvage, les cinq ambassadrices du CECI parties à la rencontre des étuveuses de riz en février dernier, ont pu recueillir de nombreux témoignages de ces femmes et constater par elles-mêmes les changements opérés depuis les débuts du projet.

La modernisation des infrastructures et la professionnalisation des équipements, visibles dans chacun des centres d’étuvage, a permis l’accroissement de la production de riz, l’amélioration de sa qualité (et donc une hausse des revenus) ainsi qu’une diminution de la pénibilité des tâches. Mais les retombées dépassent les seules considérations économiques, et, ici comme ailleurs, l’autonomisation des femmes a engendré des évolutions tant dans la confiance qu’elles peuvent avoir en leurs propres capacités que dans la perception des hommes à leur égard.

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La secrétaire permanente de l’Union nationale des étuveuses de riz rappelle qu’auparavant la simple prise de parole dans une assemblée où se trouvaient des hommes n’était pas envisageable pour les femmes. « Aujourd’hui, se félicite Alimatou Ouedraogo, la femme va où elle veut, elle peut se défendre, elle peut même aller devant les autorités sans être accompagnée. » Nafissatou Guinko souligne quant à elle l’importance des activités de renforcement des capacités que le projet a amené dès ses débuts, « que ce soit en technique en milieu de travail, en gestion, en vie organisationnelle ou associative », et les bénéfices du programme d’alphabétisation mené depuis l’an passé. « Je travaille avec 87 % d’analphabètes … », précise la conseillère en développement organisationnel du CECI.

DES GARDERIES EDUCATIVES

Soucieux, depuis son commencement, de répondre le plus adéquatement possible aux besoins réels des femmes burkinabè qu’il appuie, le Club des ambassadrices se veut à leur écoute, et ces missions sur le terrain constituent à ce titre une opportunité d’échange précieuse.

Ainsi, c’est lors de la première mission menée à l’automne dernier par deux autres ambassadrices, Michèle Bussières et Gabrielle Pauzé, que les étuveuses de riz ont fait part de leur besoin d’avoir un lieu sécurisé et éducatif où laisser leurs bébés et jeunes enfants durant leurs journées de travail. « Nous avons palabré sous un arbre, un après-midi, au centre de Fouzan, et c’est durant la conversation, alors que l’on essayait de voir comment nous pouvions les aider encore davantage, qu’elles ont exprimé ce désir », se souvient Michelle Bussières, également vice-présidente du conseil d’administration du CECI.

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C’est particulièrement au développement de ce projet de garderie que les fonds récoltés lors de la soirée bénéfice au Musée des beaux-arts de Montréal sont destinés. « L’objectif est de pouvoir ouvrir dans chacun des centres d’étuvage une garderie éducative, précise Michelle Bussières. L’alphabétisation fait partie intégrante du projet, car il y a toujours, en arrière, l’idée de leur donner les outils pour les rendre plus autonomes, elles et les générations à venir …  ».

UN ENGAGEMENT GRANDISSANT

Dans une ambiance festive assurée par deux musiciens burkinabè, la vingtaine d’ambassadrices présentes au cocktail bénéfice ont, tout en veillant au bon déroulement de l’encan silencieux, échangé avec le public tout au long de la soirée.

Soucieuses que leur engagement aille au-delà du seul appui financier, plusieurs ont fait part de leur intérêt à mettre en place des façons de continuer à échanger avec les étuveuses, soit de façon virtuelle, soit en accueillant quelques étuveuses au Québec. « Nous faisons ici beaucoup de formations, de réseautage, événements visant à récompenser ou mettre en avant telle ou telle personne, précise Danielle Sauvage. Ce serait intéressant, par exemple, de pouvoir transférer ces expériences chez les étuveuses, leur donner l’occasion de valoriser ce qu’elles font ».

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C’est particulièrement au développement de ce projet de garderie que les fonds récoltés lors de la soirée bénéfice au Musée des beaux-arts de Montréal sont destinés. « L’objectif est de pouvoir ouvrir dans chacun des centres d’étuvage une garderie éducative, précise Michelle Bussières. L’alphabétisation fait partie intégrante du projet, car il y a toujours, en arrière, l’idée de leur donner les outils pour les rendre plus autonomes, elles et les générations à venir …  ».

UN ENGAGEMENT GRANDISSANT

Dans une ambiance festive assurée par deux musiciens burkinabè, la vingtaine d’ambassadrices présentes au cocktail bénéfice ont, tout en veillant au bon déroulement de l’encan silencieux, échangé avec le public tout au long de la soirée.

Soucieuses que leur engagement aille au-delà du seul appui financier, plusieurs ont fait part de leur intérêt à mettre en place des façons de continuer à échanger avec les étuveuses, soit de façon virtuelle, soit en accueillant quelques étuveuses au Québec. « Nous faisons ici beaucoup de formations, de réseautage, d’évènements visant à récompenser ou mettre en avant telle ou telle personne, précise Danielle Sauvage. Ce serait intéressant, par exemple, de pouvoir transférer ces expériences chez les étuveuses, leur donner l’occasion de valoriser ce qu’elles font ».

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Gabrielle Pauzé, qui a participé à la mission de septembre 2016, estime essentiel l’établissement et le maintien d’un dialogue régulier de façon à pouvoir fournir le support le plus pertinent possible et avoir un impact réel. « J’ai bénéficié au Québec de ce que la génération précédente a fait pour les femmes et notre situation est ce qu’elle est grâce aux personnes qui ont défriché avant nous. L’idée est de rendre la pareille aux femmes burkinabè » explique la jeune femme.

« On se sent privilégié, aujourd’hui, en voyant voir le chemin que les femmes d’ici ont parcouru, renchérit Marie Grégoire. On peut, à notre tour, aider les femmes burkinabè à trouver leurs propres chemins vers l’autonomie. Ce ne sera pas le même parcours que celui des femmes des années 1960 ici, elles devront trouver leurs propres voies, mais je crois intimement qu’au travers de ce projet, nous pouvons les aider à accélérer le rythme de leur cheminement … ».

(1) Le Projet d’appui aux étuveuses de riz (2014-2019) du Burkina Faso, soutenu par le Club des ambassadrices, est mis en œuvre par le CECI et financé par le gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada. Le projet est réalisé en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire du Burkina Faso, le Comité interprofessionnel du riz du Burkina (CIR-B) et l’Union nationale des étuveuses de riz (UNERIZ).

Pour plus d’informations : Club des ambassadrices du CECI


[LE CLUB DES AMBASSADRICES - Composé d’une trentaine de femmes québécoises jouissant d’une influence dans leurs réseaux respectifs (arts, affaires, politique …), le Club des Ambassadrices vise à promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans les pays d’intervention du CECI et à encourager l’autonomisation économique des femmes et l’égalité entre les genres.
Il appuie les étuveuses de riz du Burkina Faso depuis 2014. Ce projet quinquennal a pour objectif d’accroître le pouvoir économique des femmes À travers la valorisation du riz produit nationalement et par le renforcement des organisations d’étuveuses afin qu’elles deviennent des entreprises rentables, professionnelles et reconnues dans la filière riz.]

[LES ÉTUVEUSES DE RIZ - L’étuvage de riz, procédé de transformation qui consiste à précuire le riz paddy (riz non décortiqué) pour en améliorer la qualité physique et nutritionnelle, est au Burkina Faso une activité traditionnelle ancestrale dont la technique se transmet de mère en fille. Au tournant des années 2000, alors que les importations de riz blanc augmentent, mettant à mal la stratégie de sécurité alimentaire prôné par l’état, les stocks de riz paddy s’accumulent. Refusant d’assister passivement à l’effondrement de la filière, des milliers de femmes burkinabè s’organisent et achètent la production de nombreuses coopératives qu’elles vont étuver et vendre dans les marchés locaux et régionaux, contribuant à sauver une filière en pleine décadence].