CECI Change des vies

Mazouma, femme leader dans sa communauté, appuie les productrices de maïs et de niébé afin de renforcer leurs capacités.

22 mars 2017

Benoît Blossier, conseiller en communication pour le programme Uniterra au Burkina Faso, nous présente Mazouma une femme réservée, mais qui s’est affirmée au fil du temps comme leader dans sa communauté. Animatrice et traductrice, Mazouma rythme les débats et facilite les discussions qui se déroulent en Diaoul. Mazouma connaît bien leurs préoccupations et appuie les productrices afin de renforcer leurs capacités et d’anticiper les conflits potentiels. Aujourd’hui, elle accompagne Benoit pour parler de communication avec les femmes de Farako-Ba.

Mazouma travaille depuis près de 10 ans comme animatrice pour la FEPA/B, la Fédération des Professionnels agricoles du Burkina. Elle intervient auprès des groupements de productrices agricoles comme celui que nous allons rencontrer aujourd'hui. Les femmes de Farako-Ba attendent, assises sous le manguier. Elles ont été prévenues de notre visite quelques jours plus tôt. Tout est prêt. À notre arrivée au village, Mazouma fait les présentations, l’accueil est formidable. Aujourd’hui, elle va m’accompagner pour parler de communication.

Animatrice et traductrice, Mazouma rythme les débats et facilite les discussions qui se déroulent en Dioula. Les femmes de Farako-Ba sont ouvertes, disponibles et participatives. Elles ont appris à être écoutées et à s’entendre. En effet, sous l’impulsion de leur animatrice, elles se regroupent une fois par mois pour discuter des activités, des problèmes de production ou de la vie du groupement. Selon elles, cela a permis de réduire les tensions qui pouvaient apparaître lors des assemblées annuelles.

burkina faso volontaire

 

M. Madou, président du Groupement de Bindia, assiste à la rencontre avec discrétion. Ensemble, nous profitons des entretiens individuels pour visiter le village. Il me présente les cultures, les champs de maïs et de niébé. Ici, le poulailler nouvellement construit ; là, le puits du village aux installations vieillissantes. Il parle aussi bien des défis que des progrès réalisés, telle que l’amélioration des techniques de production, soutenue par différents programmes de coopération. Il me dit que la sécurité alimentaire s’est améliorée dans la région grâce au warrantage. Les récoltes peuvent être stockées en vue de la période de soudure, les producteurs ne sont plus dans l'urgence de vendre. Il évoque le cas de ce chef de village qui, à la fin de la récolte, regarde avec émotion les stocks du nouveau magasin : son village ne connaîtra pas de pénurie de céréales cette année.

Mazouma nous invite à rejoindre le groupe. Les femmes de Farako-Ba parlent de leurs difficultés et de leurs attentes en termes de communication. Elles évoquent la lente circulation de l'information entre le siège et leur village. Elles comprennent que l’information n’est pas retenue de façon mal intentionnée. D’un autre côté, elles aimeraient poursuivre les programmes d’alphabétisation en langue locale qui leur ont été si bénéfiques par le passé. Plus généralement, elles souhaiteraient mettre à profit le temps inoccupé après les travaux champêtres, que ce soit par des activités génératrices de revenus ou par des formations sur la gestion des exploitations agricoles.

Mazouma connait bien ces préoccupations. Elle assume à merveille son rôle d’animatrice. Timide et réservée à ses débuts, elle s’est affirmée comme leader. Elle a énormément progressé dans sa façon d’appuyer les productrices, de renforcer leurs capacités et d’anticiper les conflits potentiels. Depuis l’année dernière, sur proposition de la FEPA/B, Mazouma a été retenue comme animatrice pour le Programme Alimentaire Mondial, en vue d’accompagner les femmes dans la commercialisation groupée des céréales.

Les femmes de Farako-Ba ont préparé un repas communautaire. Nous partageons le faro. Le calme règne, l’ambiance est sereine. Il est l’heure de se séparer. Comme à l’accueil, le départ est chaleureux et touchant de simplicité.


Le programme Uniterra, ce sont 600 volontaires, 200 partenaires locaux et plus de 50 entreprises et organisations canadiennes qui s’engagent durablement chaque année en Afrique, en Asie et dans les Amériques. Il est mis en œuvre par le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) et l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC), avec l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada. Pour en savoir plus et voir les mandats disponibles : WWW.UNITERRA.CA

Texte et photos: Benoit Blossier