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Burkina Faso

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Étuveuses de riz au Burkina Faso

En un clin d'oeil

Pays/Régions:

Burkina Faso, départements de Banzon et de Bama

Bénéficiaires:

1133 membres de regroupements d’étuveuses, 100 % de femmes

  • Banzon : 450 étuveuses; 352 tonnes de riz/an; 113 millions Fcfa de chiffre d’affaires annuel
  • Bama : 683 étuveuses; 563 tonnes de riz/an; 180 millions Fcfa de chiffre d’affaires annuel

Durée :

2009 à 2014

Partenaires :

  • Comité interprofessionnel du riz du Burkina Faso (CIR-B)
  • Groupe de coopération internationale de l’Université de Sherbrooke (GCIUS)

Budget :

MAECD via le programme Uniterra

Elles tiennent les cordons de la bourse

Au Burkina Faso, la privatisation de la filière riz dans les années 90 n’a pas permis aux producteurs rizicoles de vivre de belles années de prospérité, c'est le moins qu'on puisse dire. Pour pallier à l’abandon grandissant de cette activité agricole et au déclin de la productivité, le CECI appuie une pratique locale ancestrale qui a maintes fois fait ses preuves; l’étuvage du riz par les femmes. Cette technique de transformation transmise de mères en filles améliore la qualité physique et nutritionnelle du riz paddy , qui se vend ensuite mieux sur le marché local et génère des revenus pour les ménages.

L’étuvage est un procédé qui consiste à précuire le riz paddy, préalablement hydraté. Dans la région ouest du Burkina Faso, dans les plaines de Banzon et de Bama, les activités du CECI ont permis à plus de 1133 étuveuses de se regrouper en associations professionnelles.

L’expérience du CECI au Mali voisin a permis d’inspirer le projet burkinabé. Fort de sa collaboration avec la Fédération des Centres de Prestations de Service Faranfasiso (FCPS) et de son expérience avec les étuveuses maliennes, le CECI a su répéter ses bons coups, un peu plus au Sud.

Les entrepreneures burkinabées regroupées en associations ont pu bénéficier de nombreuses formations et celles de Bama et de Banzon profitent chacune d'un centre spécifique à l’étuvage, réalisé par le GCIUS, un groupe de jeunes ingénieurs de l’Université de Sherbrooke, partis comme volontaires Uniterra. Les Centres de Bama et de Banzon permettent aux femmes de faire leur travail dans un environnement plus propice au respect des normes de qualité et d’hygiène. En plus d’améliorer leurs conditions de travail, le projet permet la création de revenus pour les femmes, dont elles sont les seules administratrices. Comme le raconte une des fondatrices de l’Union des étuveuses de Bama, Ramata Soré, son indépendance financière lui a permis de participer à la prise de décisions familiales, car « si tu n’as rien à apporter pour la gestion financière de la famille, tu n’as rien à dire », explique-t-elle.

De plus, les autorités burkinabées ont reconnu l’apport positif du projet des étuveuses : « le ministre délégué à l’agriculture a demandé au CECI d’étendre cette expérience réussie à l’ensemble du pays », rapporte Adama Ouedraogo, directeur du CECI au Burkina Faso.

En améliorant la qualité de production d’un produit agricole et en aidant à le commercialiser, le CECI a permis à des centaines de femmes d’avoir un revenu et d’avoir confiance en elles. Au Burkina Faso comme partout ailleurs, le développement est étroitement lié au pouvoir économique des femmes.

Par l’amélioration de leurs conditions d’étuvage, les 450 femmes de Banzon et les 683 femmes de Bama mettent annuellement plus de 900 tonnes de riz étuvé au profit des populations, contribuant ainsi à l’atteinte de la sécurité alimentaire et à l’amélioration de la qualité nutritionnelle.

¹ Riz non décortiqué, avec son enveloppe; brut de récolte.