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Un Aguayo : Projet de santé maternelle et infantile

En un clin d'oeil

Pays/Régions:

Bolivie - 13 municipalités du département de Oruro

Bénéficiaires:

4 866 femmes et 3 528 enfants de 0 à 5 ans
Population totale: 107 000 habitants

Durée :

2009 à 2016

Partenaires :

Mancomunidad de Municipios Aymaras sin Fronteras (Association des municipalités rurales Aymaras sans frontières)

Budget :

250 000$ USD et 150 000 Euros

  • 150 000$ USD financés par le ministère des Relations internationales du Québec (MRI) 
  • 100 000$ USD financés par le gouvernement du Canada agissant par l'entremise d'Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada (MAECD)
  • 150 000 Euros financés par Save the Children

 

 

 

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Pour changer la manière de vivre, il faut changer la manière de naître

Les conditions de santé maternelle et infantile des municipalités rurales aymaras et quechuas du Département de Oruro sont davantage préoccupantes que dans le reste du pays. Dans ce milieu, les femmes et les familles autochtones ont toujours eu recours aux pratiques ancestrales de la médecine traditionnelle. Par contre, dans le domaine de la santé obstétrique et de l’assistance aux accouchements, les pratiques ancestrales se sont traditionnellement butées à la médecine occidentale. Cette situation explique les bas taux de couverture en santé maternelle, néonatologie et pédiatrie, de même que le grand nombre d’accouchements solitaires, ou assistés par les époux ou des sages-femmes. Étant donné ces conditions, plusieurs femmes et leurs nouveau-nés souffrent de complications et, dans des cas extrêmes, de mortalité.

Dans ce contexte, afin de rapprocher les femmes et leurs familles des services de santé, le CECI a mené à compter de 2006 le projet « Un Aguayo pour un accouchement sans risque » dans la municipalité de Curahuara de Carangas. Lors de la première année du projet, le taux d’accouchements assistés par des professionnels est passé de 14% à 84%. Riche de cette expérience, depuis 2009 le CECI a étendu le projet à 13 municipalités autochtones du Département de Oruro.

Ce modèle de santé interculturelle, qui repose sur des principes de participation citoyenne, a fait ses preuves pour améliorer la santé de la population bolivienne, se constituant en tant que modèle à succès qui répond aux besoins en santé des autochtones, tout en respectant leur culture et en facilitant les actions complémentaires entre la médecine ancestrale et occidentale. Cette pratique novatrice a permis l'intégration des sages-femmes traditionnelles et des pratiques culturelles dans les services de santé maternelle et infantile, augmentant l’accès et la participation de tous les acteurs de la société concernés par le bien-être des femmes et des enfants. Cette nouvelle méthode de travail, qui s’inscrit dans les politiques du Ministère de la Santé et des Sports, a été reconnue par le Fonds de Nations unies pour la population (UNFPA), et a reçu le Prix d’excellence Bill-McWhinney en développement international. Ainsi, le projet s’est constitué en tant que référence pour les politiques en santé communautaire et interculturelle en Bolivie.

Parmi les résultats probants du projet, mentionnons la grande participation des femmes, des communautés, et des gouvernements au plan local, régional et national. Cette appropriation démontre la pérennité des résultats et constitue une véritable histoire à succès dans le domaine du développement international.

1. Zone d’intervention et nombre de bénéficiaires en expansion

Aujourd’hui, le projet couvre une région où habitent plus de 107 000 personnes.

2. Augmentation dans l’utilisation des services de santé

Les centres de santé maternelle et infantile situés dans les premières municipalités participantes ont observé une augmentation de plus de 100% dans le nombre de consultations prénatales, d’accouchements, et de contrôles pour les nouveau-nés.

3. Accroissement du pouvoir des femmes

Les femmes des communautés ciblées ont augmenté leurs connaissances quant aux soins pendant la grossesse, l’accouchement et pour les nouveau-nés. La création de centres de santé interculturels a permis aux femmes d'exercer leur droit à la santé, de manière informée et en toute liberté culturelle.

Les adolescentes enceintes peuvent maintenant appliquer les connaissances acquises pour se soigner adéquatement durant leur grossesse, leur accouchement et après celui-ci.

4. Mise en valeur de la médecine traditionnelle

Les municipalités participantes ont maintenant des salles d’accouchement culturellement adaptées et les sages-femmes traditionnelles jouent un rôle très important lors des contrôles de grossesses et des accouchements. La communauté elle-même est impliquée suivant cette approche interculturelle en santé néonatale et soins aux enfants. 

Reconnaissance de l'intégration des sages-femmes traditionnelles aux équipes de santé, de la part du ministère de la Santé; augmentation de 70% des accouchements en services de santé.

5. Durabilité

Depuis le début, les acteurs sociaux ont été impliqués depuis le niveau communautaire jusqu'au niveau national, ils renforcent notamment les Comités municipaux de la santé, afin de garantir la tenue d'activités participatives dans le cadre de la planification, la gestion et des mobilisations communautaires en faveur de la santé des mères et des nouveaux-nés.

« J’ai décidé d’accoucher dans la salle de naissance interculturelle. La sage-femme et le médecin m’ont bien traitée. Les femmes qui habitent loin de l’hôpital et qui n’ont personne pour s’occuper de leurs autres enfants peuvent venir ici, à la Wawa Yurin Utha (lieu où naissent les enfants), et elles peuvent attendre confortablement la naissance de leur bébé. »

Josefina de Belén, résidente du village d’Andamarca et bénéficiaire du projet