Népal

C’est en 1987 que le CECI établissait son bureau au Népal. Fait à noter, le Népal joue encore aujourd’hui un rôle de pionnier dans la démarche de décentralisation et de prise en charge nationale entreprise par le CECI : ce sont en effet le représentant au Népal et les responsables de projet qui établissent depuis de nombreuses années les balises du programme.

Depuis plus de 20 ans, le CECI a réalisé 34 projets dans plus de 40 districts du Népal repartis dans les cinq régions prioritaires.

Il demeure l’organisme canadien de développement international le plus actif dans le domaine du développement économique et social au Népal.

Le CECI cultive des partenariats de longue durée avec de nombreuses ONG, coopératives, entreprises privées, conseils locaux, ainsi qu’avec des ministères et des organismes du gouvernement central. Ses principaux secteurs d’intervention sont :

  • la lutte contre la pauvreté rurale;
  • la bonne gouvernance et la démocratie;
  • la diminution des disparités entre femmes et hommes et entre castes, notamment au niveau de la participation et de l’accès aux services;
  • la santé, la nutrition et l’hygiène communautaires;
  • la gestion des ressources naturelles avec comme priorité l’électrification rurale et la commercialisation des ressources forestières;
  • le transfert et l’adaptation des techniques de gestion de conflit élaborées et utilisées par le CECI en Amérique latine et en Afrique.

 

Contexte

Si les vingt dernières années ont vu des avancées certaines (hausse de l’espérance de vie, réduction des taux de natalité et de mortalité infantile, accès accru à l’eau potable), le pays peine néanmoins à améliorer substantiellement la condition socio-économique de sa population, surtout dans les régions rurales.

Bien que la discrimination soit officiellement interdite, les femmes, plusieurs groupes ethniques et issus de groupes marginalisés tels que les castes, ainsi que les populations des régions éloignées (la moitié du territoire national) ont moins accès aux services et aux occasions d’avancement.

Selon certains, la déstabilisation du pays provoquée par plus de dix ans de conflits armés ralentit les efforts du gouvernement à améliorer la condition socio-économique de la population. Un accord de paix signé en 2006 a ouvert la voie à la construction d’une démocratie plus égalitaire et représentative par la réécriture de la constitution. Ce long processus a vu plusieurs changements de gouvernements, représentant une barrière à l’atteinte des objectifs de développement. De plus, les élections des gouvernements locaux ont été stoppées jusqu’à la refonte de la constitution.

Ce manqué d’élus locaux rend difficile la participation des citoyens et des organisations communautaires à la planification du développement local. Le CECI a toujours insisté sur l’importance de bonnes relations avec les conseils locaux pour s’assurer de l’organisation, de la mise en œuvre, du suivi et de l’évaluation des projets de développement. Cette coordination reste un défi majeur dans le contexte politique actuel.

L’agriculture, à la base de l’économie au Népal et gagne-pain de 80 % de la population, compte pour 40 % du PIB. Cependant, la productivité du secteur est faible. De nos jours, la majorité des producteurs agricoles pratiquent une agriculture de subsistance, utilisant des méthodes traditionnelles et habitant les régions montagneuses éloignées.

Une certaine augmentation de la production ces dernières années, due surtout à l’expansion de la surface cultivée, a été contrebalancée par une forte croissance démographique, ce qui a récemment fait passer le pays d’exportateur à importateur de céréales (notamment en provenance de l’Inde).

 

Défis

Il y a à peine quelques années, le développement du Népal était au ralenti à cause du violent conflit qui avait secoué le pays pendant plus de dix ans.

• Des tendances positives de développement se dessinaient suite aux réformes économiques qui s’étaient succédé après l’instauration de la démocratie en 1990. Cependant, l’instabilité politique provoquée par les changements fréquents de gouvernement et par la mauvaise gouvernance était à l’origine de la corruption systémique vécue par ce pays

• Les dix ans de conflit ont fait plus de 15 000 morts et 200 000 déplacés qui vivent dans la misère dans les centres urbains du pays, sans compter les dommages matériels et les dégâts économiques importants

• La crise est exacerbée par la pénurie d’emplois dans une économie qui demeure anémique. Bien des résidants des régions éloignées, où le conflit atteignait ses plus hauts niveaux d’intensité, ont migré vers les villes népalaises, en Inde, ou ailleurs afin de chercher du travail

• Le nombre restreint de conseils d’élus locaux rend difficile la coordination avec de telles instances, une étape nécessaire afin de favoriser la participation des citoyens et des organisations communautaires aux processus de planification du développement local. Le CECI a toujours insisté sur l’importance de bonnes relations avec les conseils locaux pour assurer la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des projets de développement

 

Priorités et objectifs

Quoique les principales priorités du CECI au Népal ont été le développement économique communautaire et la santé communautaire, l’organisme tient également à répondre aux besoins et priorités émergents du pays. Dans le cadre de sa programmation actuelle, le CECI poursuit ses interventions en matière de gouvernance, de droits de la personne, de consolidation de la paix, d’aide humanitaire, de reconstruction et réhabilitation suite au conflit armé, et de formation sur les techniques de négociation.

Ces interventions visent à :

• appuyer la lutte contre la pauvreté rurale en mettant l’accent sur la formation et l’appui des organisations communautaires à intervenir efficacement dans la planification du développement local

• répondre aux besoins en matière de sécurité alimentaire et assurer des moyens de subsistance durables aux populations vulnérables vivant en montagne ou dans les zones de basse altitude sujettes à des catastrophes naturelles

• renforcer, à l’aide de la coopération volontaire internationale, les capacités techniques des organisations locales en ce qui concerne les chaînes de valeur associées à la gestion forestière durable, à la micro-finance et à l’agriculture

• soutenir les collectivités afin de réduire leur vulnérabilité aux catastrophes et de les aider à s’adapter aux changements climatiques

• réduire l’exclusion sociale et le déséquilibre de pouvoir entre les femmes et les hommes

• renforcer les services de santé communautaire et d’hygiène en milieu rural

• intégrer les techniques de gestion de conflits et de négociation dans les projets de développement