Tadjikistan

Alors que le pays présente des conditions socio-économiques désastreuses depuis l’an 2000, le gouvernement du Tadjikistan considère que la réforme du secteur agricole est une stratégie capitale de lutte contre la pauvreté. Pour que la transition vers une économie de marché permette réellement à la majorité de la population d’améliorer son sort, et afin de favoriser la cohésion sociale, il est indispensable d’aider la population rurale à comprendre et profiter de la réforme agricole en cours.

C’est dans ce cadre que le projet FARMS du CECI a été mis en place. Ses objectifs principaux sont de :

  • faciliter l’amélioration de la performance économique des nouvelles entreprises agricoles et des associations volontaires dans le nord de la province de Sugd;
  • appuyer les paysans à mieux comprendre et faire valoir leurs droits et leurs obligations en tant que producteurs indépendants;
  • favoriser le développement de moyens de subsistance durables pour les ménages ruraux du Tadjikistan tout en assurant une répartition équitable des retombées entre les femmes et les hommes.

Les principaux bénéficiaires du projet sont les membres-propriétaires de fermes indépendantes dites « dehkans », qui peuvent prendre la forme d’exploitations individuelles, familiales ou collectives. On compte environ 3 000 ménages et 21 000 personnes.

 

Contexte

Le Tadjikistan, pays sans côtes marines, possédant une grande diversité de zones géographiques et écologiques avec des systèmes de production adaptés à chacune d’elles, semble avoir subi une détérioration de ses conditions socio-économiques depuis l’an 2000 :

• c’est le pays le plus pauvre d’Asie centrale (64 % de la population gagne moins de 2 $ US/jour);

• il est passé du 103e rang de l’indice de développement humain des Nations Unies en 2001 au 112e rang en 2002, pour occuper aujourd’hui le 122e rang sur 177 pays évalués;

• des pays de l’Asie centrale, il possède, de par l’émigration massive d’hommes à la recherche du travail, le plus grand nombre de ménages dirigés par une femme;

• le taux de chômage officiel est estimé à 2,3 % (2008), et les remises restent une source importante de revenus pour les ménages;

• hormis la main d’œuvre, le coton, et l’aluminium, le pays n’a que peu de produits d’exportation à offrir;

• l’infrastructure économique est peu développée et le pays se trouve en déficit vivrier.

• la taille de la récolte de coton et d’autres cultures a été réduite par les difficultés d’accès aux intrants et par la pénurie d’eau d’irrigation à laquelle les agriculteurs doivent faire face;

• la demande pour le coton tadjik sur les marchés internationaux a chuté. En conséquence, la surface arable consacrée à cette culture a diminué de plus de 50 000 hectares, y compris une réduction de 10 000 hectares seulement dans la province de Sugd.

Déjà, à l’époque soviétique, le Tadjikistan était la république la moins bien nantie de l’union. La guerre civile dévastatrice de 1991 et 1992 a assené un coup de plus à une économie déjà affaiblie, laissant d’importantes séquelles, notamment pour l’agriculture. De plus, les fréquentes catastrophes naturelles ont aggravé la situation.

 

Défis

Les producteurs agricoles ont subi pendant la période du projet (2005-2010) les aléas des perturbations écologiques et de la crise économique mondiale :

• la taille de la récolte de coton et d’autres cultures a été réduite par les difficultés d’accès aux intrants et par la pénurie d’eau d’irrigation à laquelle les agriculteurs doivent faire face

• la demande pour le coton tadjik sur les marchés internationaux a chuté. En conséquence, la surface arable consacrée à cette culture a diminué de plus de 50 000 hectares, y compris une réduction de 10 000 hectares seulement dans la province de Sugd

Le CECI devra relever les défis suivants :

• capacités de gestion restreintes des leaders des fermes indépendantes

• détérioration des fermes et de l’infrastructure rurale en raison d’une pénurie de ressources et de capital

• absence de processus décisionnels participatifs à tous les niveaux de gouvernance

• accès restreint des femmes aux activités génératrices de revenus et aux emplois non agricoles

• difficultés d’accès aux intrants (engrais, semences de coton et d’autres cultures à fort rapport économique)

• inaccessibilité du crédit agricole pour les fermes indépendantes

• ingérence du gouvernement dans les activités de ces fermes

• distribution non équitable des titres de propriété. Les nouvelles dispositions autorisent aux membres des fermes indépendantes l’utilisation sans contrainte de leurs terres. Résultat : les fermes peuvent maintenant nantir des terres ou des titres pour obtenir du crédit

• problèmes d’endettement. Le gouvernement a décrété une stratégie d’intervention en ce qui concerne la dette des fermes indépendantes en 2007, et la Banque Nationale du Tadjikistan lui a emboîté le pas en plafonnant le taux d’intérêt annuel sur les prêts consentis aux producteurs de coton à 18 %

• diminution de la surface agricole consacrée au coton

• vétusté des machines et des équipements, vieux parfois de plusieurs décennies

 

Priorités et objectifs

Le projet FARMS se concentre sur les éléments suivants :

• rehausser la performance économique des nouvelles entreprises agricoles et de leurs associations dans le nord de la province de Sugd

• aider les paysans à comprendre et faire valoir leurs droits et leurs obligations en tant que producteurs indépendants

• faire perdurer les résultats après la fin du projet

Les travailleurs locaux sont encouragés à fonder et promouvoir une nouvelle ONG dans laquelle les actifs du projet seront transférés. Cette nouvelle organisation devra assurer la réalisation de toutes les activités et sera responsable de la recherche de ressources supplémentaires afin de faire perdurer l’impact du projet.