Haïti

En Haïti depuis 1971, les équipes du CECI y ont été constamment présentes même lors des nombreuses périodes d’instabilité politique que le pays a connues au cours des deux dernières décennies. Ces cinq dernières années, l’organisation a vu croître son portefeuille de projets de manière significative. Le CECI est présent dans 45 communes, soit 32 % du territoire, ce qui fait de lui l’une des plus grandes organisations d’aide au développement en Haïti au regard de sa présence géographique, de son budget, de la diversité de ses bailleurs, de ses champs d’intervention, ainsi que de sa crédibilité. En 2009, il compte 160 employé-e-s réparti-e-s dans six bureaux régionaux.

Ces trois dernières années, le CECI, a contribué à travers de nombreux projets à l’amélioration de la qualité de vie d’une tranche importante de la population haïtienne. Présentement, plus de 200 000 personnes bénéficient directement de ses interventions. Il favorise également l’émergence de nouveaux modèles de partenariats en Haïti entre les différents acteurs : gouvernement central, structure décentralisée et déconcentrée de l’État, et société civile.

Depuis le 12 janvier 2010, suite au séisme qui a frappé Haïti, le CECI intervient intensivement par des actions d'assistance humanitaire et ce, dans une perspective de développement durable. > Lisez sur le projet d'Urgence en Haïti

Contexte

Tout au long des années 90 et 2000, la situation économique d’Haïti n’a cessé de se dégrader. La pauvreté est devenue endémique et les inégalités se sont accrues. Pays le plus pauvre des Amériques, Haïti fait partie du groupe des pays les moins avancés (PMA) et se classe à la 146e position sur 177 pays dans le Rapport mondial sur le développement humain 2007/2008 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Selon les estimations du PNUD pour 2005, 78 % de la population vit sous le seuil de pauvreté avec moins de 2 $ US par jour, dont 53,9 % dans un état de pauvreté extrême avec moins de 1 $ US par jour.

La pauvreté est encore plus marquée en milieu rural où vit la majorité des ménages pauvres :

• l’éducation et les opportunités économiques y sont limitées et les services sociaux minimum y font grandement défaut;

• les infrastructures de base (eau, irrigation, pistes de déserte, électricité, assainissement) n’existent pas ou sont non fonctionnelles, renforçant leur exclusion et leur isolement.

L’agriculture assure un moyen de subsistance à plus de la moitié de la population. Malgré la diversité des cultures possibles grâce aux différents microclimats du pays, la production agricole stagne depuis les années 80 et n’est plus en mesure d’assurer les besoins alimentaires de la population qui a doublé entre 1950 et 2003, accroissant ainsi la pression sur les terres de montagne fortement dégradées. Les conditions difficiles dans le secteur et le manque de solutions de rechange en zones rurales poussent beaucoup d’agriculteurs et agricultrices à abandonner leurs terres et à migrer vers les zones urbaines dans l’espoir de trouver un meilleur emploi. Pourtant, le taux de chômage y est élevé et les opportunités d’emplois rares.

Malgré ce portrait sombre, on note de nos jours une amélioration de la sécurité publique et une réduction de la criminalité dans le pays qui font naitre l’espoir.

 

Défis

Quatre secteurs en particulier posent de grands défis pour Haïti, son gouvernement et sa population. Ce sont :

• la sécurité alimentaire;

• la gouvernance et le développement socioéconomique local;

• la violence (y compris la violence faite aux femmes) et la criminalité;

• la dégradation de l’environnement.

La sécurité alimentaire

On estime qu’à la fin 2009, 2,2 millions d’hommes, de femmes et d’enfants souffriront d’insécurité alimentaire en Haïti. De plus, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), la situation des enfants haïtiens est l’une des plus mauvaises au monde : un enfant sur 12 meurt avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans suite à des maladies causées par la malnutrition et les mauvaises conditions sanitaires.

Certains facteurs aggravent le problème de l’insécurité alimentaire :

• le déclin du soutien au développement agricole;

• la perte de souveraineté alimentaire;

• les problèmes fonciers combinés à la faiblesse des équipements des unités de production;

• l’impossibilité d’accéder au crédit agricole;

• la faiblesse du pouvoir d’achat de la majorité de la population face à la hausse constante du coût des aliments;

• l’absence de politique de sécurité alimentaire et de cadre légal pour faciliter l’accès à une alimentation adéquate;

• le déclin important dans la fourniture des services sociaux de base, en particulier dans les zones rurales et les quartiers défavorisés en milieu urbain.

C’est pourquoi le CECI s’est engagé dans l’amélioration et l’augmentation de la productivité agricole, mais également dans les activités en aval de la production : transformation, écoulement des produits, analyse des marchés ainsi que dans l’amélioration de la qualité des services sociaux de base.

Gouvernance et développement socioéconomique local

La constitution de 1987 établit clairement que l’État haïtien est un état décentralisé favorisant la démocratie participative. Cependant, une multitude d’obstacles politiques et d’autres natures ont et continuent toujours à freiner la mise en place de la Constitution du pays. Malgré cela, des avancés importantes ont été réalisées et s’expriment notamment par :

• la présence d’élus locaux telle que prévu par la Constitution;

• la mise en place graduelle de processus de déconcentration-décentralisation de l’appareil d’État.

Le principe de la subsidiarité met de l’avant l’idée que les paliers de gouvernements locaux sont plus efficaces pour la livraison de services adaptés à moindres coûts. L’approche participative de développement local permet la mise en place de ce principe et la libération d’une multitude d’initiatives locales répondant mieux aux préoccupations des populations. Face aux faibles capacités institutionnelles de l’état central à instaurer un processus de décentralisation, les bailleurs de fonds ont opté pour un appui à la décentralisation et ont financé de multiples projets de développement local depuis 2004. L’approche du CECI axée sur la concertation et la coordination des groupes d’acteurs locaux répond parfaitement aux besoins de la décentralisation.

Le CECI fait œuvre de pionnier dans le cadre des projets d’appui à la gouvernance et au développement local depuis 2000. Son expertise et sa crédibilité, le réseau de partenaires qu’il entretient malgré les crises et les difficultés rencontrées, mais surtout l’obligation de résultats générée par la pauvreté en progression dans le pays, légitiment le maintien de ses efforts.

Violence faite aux femmes et criminalité

Depuis quelques décennies, la criminalité a pris des proportions inquiétantes et les cas de violence faite aux femmes ont augmenté de façon alarmante. Les autorités haïtiennes ont pris des mesures indiquant qu’elles ont conscience de l’importance du problème. Le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes a ainsi été créé en 1994. Il a pris part à des initiatives d’envergure visant à sensibiliser la population à la violence liée au genre. En 2005, un Plan national de lutte contre les violences faites aux femmes, couvrant la période 2006-2011, a été adopté. Des améliorations sur le terrain de la prévention et de la répression de la violence contre les femmes et les filles ont été constatées.

Souvent, la discrimination liée au genre s’accompagne d’autres formes de discrimination en relation avec l’âge ou le statut social. Cette double ou triple discrimination marginalise davantage les femmes et les filles et les rend vulnérables à des traitements inéquitables. La répartition des revenus et les conditions de vie, l’accès à l’éducation et aux services de santé sont des facteurs où l’interaction entre discrimination et pauvreté est nettement perceptible.

Depuis une dizaine d’années, le CECI travaille en partenariat avec les organisations de défense des droits des femmes et les réseaux de femmes haïtiennes. Ses programmes d’assistance technique et de renforcement des capacités en Haïti ont contribué à l’amélioration des capacités organisationnelles d’associations féminines sur plusieurs plans tels que la promotion des droits des femmes et la lutte contre la violence et l’impunité.

Dégradation de l’environnement et assistance humanitaire

En 2004 et en 2008, Haïti, pays montagneux qui ne dispose de pas plus de 3% de couverture forestière, a subi les lourdes conséquences de passage d’ouragans dévastateurs laissant derrière eux des dégâts matériels considérables et des centaines de morts.

Cette situation de désastre naturel environnemental a été aggravée par :

• l’extrême fragilité environnementale qui caractérise les écosystèmes et les bassins versants à l’échelle du territoire haïtien;

• la vulnérabilité d’une population très mal préparée et outillée pour affronter les intempéries;

• l’incapacité des institutions publiques nationales et locales à mettre en place des stratégies de réponse efficaces et rapides (désuétude des voies de communication, capacité financière et technique limitée).

La protection des bassins versants, l’assistance humanitaire et l’aide à la reconstruction suite aux désastres naturels sont d’une importance capitale. Toutefois, la préparation aux catastrophes naturelles l’est encore plus. C’est pourquoi, récemment, des actions conjointes du gouvernement et des bailleurs de fonds ont été entreprises pour préparer et équiper les populations à faire face aux prochaines intempéries d’envergure. Le CECI participe à ces efforts.

Vous pouvez aussi y participer > Devenez volontaire

Priorités et objectifs

En Haïti, les opérations du CECI sont structurées autour de quatre champs d’action :

• le renforcement des bases démocratiques

• la relance de l’économie

• le renforcement des capacités de négociation, de gestion et de prise de décision

• la réponse aux urgences et aux crises

Le CECI participe au renforcement des bases démocratiques de la société haïtienne en contribuant :

• au renforcement de l’État

• à la consolidation et au renforcement de la société civile

La relance de l’économie, particulièrement à travers la production agricole se concrétise pour le CECI en :

• participant à la mise en place d’infrastructures et d’équipements adéquats

• en aidant à la recapitalisation graduelle des unités de production individuelles et collectives et à la protection de l’environnement

Le renforcement, par le CECI, des capacités de négociation, de gestion et de prise de décision des institutions nationales, locales et des organisations communautaires de base se matérialise notamment à travers les projets d’appui au développement communautaire et local.

Le CECI répond aux urgences et aux crises par des actions de :

• renforcement des capacités locales de préparation aux désastres et de secours aux victimes

• reconstruction et transition vers le développement dans les zones fragiles ou sinistrées